Mylène Hébert en prison et l'impératif de voir large
Le parcours de chaque personne est unique.
C'est ainsi.
À plusieurs égards, ce sont des parties de nous qu'on explore via les expériences partagées par les autres.
On reconnaît certaines de nos blessures mais aussi, de nos forces et ça conditionne certaines de nos croyances. Individuellement et socialement, les expériences des uns et des autres influencent nos perceptions et vice-versa.
Pour avoir parlé, une fois, en personne, avec Mylène Hébert, je demeure convaincu qu'elle est la seule à tenir la clé de sa propre félicité, en toutes choses, pour elle et pour le chapitre de sa vie dans lequel son vécu passé conditionne, à plusieurs égards, son expérience actuelle.
En tant que personne tout aussi unique que chacun d'entre nous, sa démarche lui appartient et chacun peut, à sa guise, exister dans l'écosystème de ce qu'elle partage mais au final, c'est elle qui mène sa propre aventure.
https://forum.chaudiere.ca/viewtopic.php?t=6936
Après les épreuves qu'elle explique avoir traversées, il est compréhensible qu'elle soit en train de découvrir un monde de juridismes au travers de ses tentatives de faire reconnaître, officiellement et juridiquement, des éléments de ces épreuves passées mais, là, dans un contexte résolument juridique, via un filtre différent du simple relais d'une expérience négative de son passé (disons, dans Facebook). Là, c'est plus froid, plus juridique... et ultimement, plus stratégique, voire sensible, ne serait-ce qu'au plan communicationnel.
Surtout lorsqu'elle se tourne vers la police ou les tribunaux qui, eux, n'ont que très peu à voir avec les chambres d'écho dans les médias sociaux. Une victime dans Facebook doit, dans ce nouveau contexte, prendre soin d'exercer avec patience son rôle de témoin-premier auprès des instances qui existent pour accompagner certains segments constitutifs de sa démarche menant à des objectifs ultérieurs, notamment en référence à une éventuelle enquête, prenant force dans un témoignage qui divulgue un maximum d'informations aux policiers chargés d'enquêter.
Est-ce que Mylène Hébert aurait pu faire des choix plus avisés, vu les circonstances?
Peut-être.
Mais ça lui appartient de faire les choix qu'elle veut.
Les conséquences de ces choix (en référence à la prison et à l'amende) m'apparaîssent cependant exagérées. Pour l'heure, Mylène Hébert devrait pouvoir bénéficier (en prison ou à l'extérieur de celle-ci) de l'aide psychologique don't elle a (peut-être) besoin pour faire face à ce qu'elle dit (et croît, sincèrement) être une injustice (probablement à juste titre, si l'on se fie à ce qu'elle a divulgué, publiquement).
Elle n'est pas la seule à penser qu'il s'agit d'un injustice (qu'elle soit en prison, elle et non ceux qui l'auraient abusé).
Mais voilà, plusieurs causes jouxtent celle de Mylène Hébert et il appartient à chacun de discerner au-delà des amalgames simplifiés.
Je m'explique.
La traite des enfants, la pédocriminalité (de toute nature, incluant la pédophilie), la corruption, l'incompétence systémique (qui arrange des tiers opportunistes), le trafic humain (sous toutes ses formes), la torture (même psychologique), les réseaux de prostitution, les moyens policiers pour mettre fin à ces abus et l'inaction manifeste de la justice contre des criminels pourtant dangereux sont TOUS des thèmes qui nécessitent des réflexions et des actions en silo, malgré l'évidence qu'il y a d'importants liens entre ceux-ci.
Des thèmes qui, lorsqu'énumérés, en viennent jusqu'à la cause, très spécifique et médiatisée, de Mylène Hébert.
Ainsi, nous sommes appelés à voir plus large.
Voir suffisamment large, en fait, pour assurer que des actions pour chacun de ces thèmes puissent dissoudre les affreuses trajectoires que nous ne voulons pas tout en permettant aux Vérités d'émerger et d'assurer qu'une réelle Justice ait cours, de manière aussi fluide, rapide et logique que possible.
Mais là, tout est lent.
Comme englué dans une sorte de mauvaise foi mélangée avec un immobilisme-relatif qui, force est de l'admettre, devient sans cesse plus... toxique, socialement (et pour les victimes, naturellement).
Le bien doit gagner sur le mal.
Mylène Hébert a l'appui de nombreux Québécois qui veulent en finir avec les abus et les malversations banalisées au point où, comme en ce moment, on a la nette impression que des tiers d'intérêt font usage de tactiques juridiques pour neutraliser ce qui les indispose.
C'est ainsi, avec la "justice" mais si Mylène Hébert veut gagner, elle devrait considérer des approches différentes de celles qui l'amènent à perdre (au plan juridique).
Ça, je suis convaincu qu'elle le sait et qu'elle réfléchit à la suite des choses, pour elle et pour la réussite ultime de sa démarche.
Même s'il y a un aspect collectif à la démarche de Mylène Hébert, je n'oublie aucunement les centaines d'autres témoignages troublants que j'ai entendu, à propos de tous les thèmes que j'ai nommés, ci-haut.
Un tort n'en annule pas un autre.
Et une victoire, bien que positive, ne débloque pas forcément toutes les autres causes méritant, elles aussi, des victoires.
Voir large, c'est chercher à réussir... large... aussi.
Parce qu'il nous reste encore de très nombreuses victoires pour lesquelles notre gouverne rigoureuse, patiente, structurée et finement planifiée contribuera à nous avancer, individuellement et collectivement, vers les victoire tant espérées.
Archive: https://forum.chaudiere.ca/viewtopic.php?p=10029#p10029
https://substack.com/profile/7537437-claude-gelinas/note/c-298629188
https://www.facebook.com/claude.gelinas.3110/posts/pfbid02fkoUURZemvvEHwSzvPu1hTWQawY5qFfk79qc3BhqYj8AY8HGDjQc99WWh7kqL1dnl